Vengeance du traducteur de Brice Matthieussent

À l’affiche de la rentrée littéraire en France il y a l’étonnant premier roman de Brice Matthieussent. Matthieussent est professeur d’histoire de l’art contemporain et l’esthétique ainsi que traducteur des plus grands romanciers américains, de Charles Bukowski à Joyce Carol Oates, de Jack Kerouac à Paul Bowles.

Cette fois-ci il saute la barrière, il devient romancier, tout comme le traducteur, personnage de son roman, pour nous donner une œuvre d’une alchimie étonnante.

Un traducteur, dégoûté par le roman sur lequel il travaille, se venge et supprime tout le texte traduit, ne laissant que les notes de bas de page. Ces fameuses notes du traducteur (N.d.T.), normalement discrètes et peu nombreuses, prennent ici de l’ampleur, se livrant à toutes sortes de commentaires, dessinant une ligne virtuelle sous la page vide. Cette ligne sera sautée par le traducteur qui remplira le vide de la page en devenant l’auteur d’un roman, réflexion jubilatoire sur le métier de traducteur, où s’enchaînent coups de théâtre, rêves, trahison, rebondissements et toute sorte d’autres artifices.

Vengeance du traducteur de Brice Matthieussent, POL, 312 p. est vraiment une lecture agréablement surprenante.

Pour en savoir plus sur la genèse de cette œuvre vous pouvez visionner l’entretien vidéo de Brice Matthieussent avec Sylvain Bourmeau à l’occasion de la parution de son livre.

Pour lire ce romane en italien : La vendetta del traduttore, di Brice Matthieussent, Marsilio, 2012, traduit par Elena Loewenthal.